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03.02.2010

Hiver 2010

La période de froid se termine progressivement dans le pays. À ce jour, seules dans la province de Liège, les rigueurs hivernales persistent. Ce n’est pas parce que cet épisode se termine que l’hiver ne peut encore montrer le bout de son nez. Ainsi à Uccle, en mai 1986, on observait 4 jours avec des chutes de neige.

Pour les deux mois, décembre et janvier, on a observé, à Uccle, une température moyenne de 1,5°C alors que la moyenne 1833-2010 est de 2,5°C et que l’on peut considérer la valeur de cette année comme normale. C’est le couple décembre 1879 - janvier 1880 qui est le plus froid avec une température moyenne de -3,4°C soit 5°C de moins que cette année. Il est bien évident que cet hiver est en revanche à considérer comme froid par rapport au dernier saut de température observé après 1988. En effet, la température moyenne, entre 1988 et 2010, est de 3,9°C ce qui entraîne un écart plus important que les hivers doux que nous avons connus ces dernières années.

Le froid s’est installé en 3 épisodes : on a eu des températures minimales inférieures à 0°C entre le 13 et le 22 décembre, puis entre le 28 décembre et le 15 janvier et du 25 au premier février (avec un jour sans gel le 28). Un seul jour, la température est descendue en-dessous de ‑10°C : le 19 décembre.

Il n’est pas évident de comparer deux périodes de décembre à janvier. En effet, si les températures moyennes des deux périodes sont respectivement 1,8°C pour 2009 et 1,5°C pour 2010, les deux débuts d’hiver sont quand même assez différents : on a eu 4 jours de très grands froids en 2009 et un seul en 2010 ; en revanche, on a eu 5 jours d’hiver (Tx < 0°C) en 2009 et 12 pour cette année, alors que la différence entre 2009 et 2010 pour les jours de gel (Tn <0°C) est moins nette avec respectivement 30 et 35 jours de gel. Une dernière différence, au niveau des températures, est, qu’en 2009, on a eu une seule période froide alors que, cette année, on a eu 3.

Depuis la hausse de température de 1988, les doublets froids (décembre plus janvier) se sont produits en1996 (1,5°C), 1997 (0,3°C), 2009(1,8°C) et 2010 (1,5°C). Une période chaude ne veut pas dire que la variabilité climatique a disparu. On a une moyenne différente mais les températures restent variable autour de cette moyenne avec toujours des possibilités de connaître des périodes froides. De même, une période froide, ne signifie pas la fin de la période chaude que l’on a depuis 1988. Après 1997, on a eu 9 doublets plus chauds que la norme et le plus chaud fut celui de 2007 avec 6,6°C !

Le climat est évalué sur une longue période et les normales standards sont calculées sur 30 ans. On ne peut donc tirer de conclusions à partir d’un (dernier) point de la série pour en déduire la tendance vers laquelle le futur va s’orienter.

 

hiver_2010.png

 

07.01.2009

Hivers froids

Les derniers hivers froids

Les périodes de grand froid sont des événements extrêmes et par conséquent rares. Une vague de froid n’est pas aisée à définir car plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte : la durée, l’intensité (soit par le moment le plus froid, soit par la température moyenne au cours de la période de gel, soit par le nombre de jours avec une température en dessous d’un certain seuil, …). Beaucoup considère aussi la présence de neige au sol comme critère d’hiver rigoureux ce qui n’est pas toujours vrai car des périodes de froid peuvent commencer sans précipitations qui précédent l’arrivée du froid.

Le matin de ce 6 janvier à Uccle, la température est descendue en dessous de – 10°C et s’est produite autour de 9 h. La dernière fois que cette valeur de -10°C avait été franchie remonte au 3 janvier 1997. Au cours de cet hiver 1996-1997 on a observé 6 jours en dessous de -10°C avec un minimum de -14,0°C le 1er et le 2. Le minimum à cette date dans le pays était observé à Elsenborn avec ‑21,4°C. Ensuite, il faut remonter à février 1991 pour retrouver 4 jours avec des valeurs inférieures à -10°C. C’est au cours des trois hivers 1984-1985, 1985-1986 et 1986-1987 que l’on a eu assez bien de jours avec des minima en dessous de ce seuil de -10°C. Le tableau ci‑ dessous reprend la fréquence annuelle des jours très froids.

 

Année

Jours avec des minima en dessous de -10°C

1954

8

1955

1

1956

19

1960

3

1961

2

1962

1

1963

18

1964

1

1966

3

1968

4

1969

1

1970

1

1971

2

1972

1

1973

1

1976

3

1978

1

1979

5

1982

2

1985

14

1986

2

1987

5

1991

4

1996

3

1997

3

L’hiver 1962-1963 a été le plus froid avec une température moyenne de -2,0° pour cette saison et on y a totalisé 19 jours de très grand froid. Au cours de cet hiver, il y a eu 96 jours consécutifs de gel (température minimale inférieure à 0°C) à la Baraque Michel entre le 1er décembre 1962 et le 6 mars 1963. Février 1956 fut un mois particulièrement froid avec 19 jours de très grand froid et une température minimale moyenne inférieure à ce seuil de -10°C. À Uccle, la température la plus basse au cours de ces 30 dernières années fut de -16,9°C le 8 janvier 1985.

Les hivers les plus marquants furent 1942, 1947, 1956, 1963, 1979, 1985, 1986, 1987 et 1997. Les grosses couches de neige ne correspondent pas nécessairement à ces hivers. La dernière fois que la couche de neige a atteint plus d’un mètre sur les Hauts Plateau fut en mars 1988.

06.01.2009

Hivers froids

Indicateurs d’hivers froids

Au cours de l’émission « C’est vous qui le dites » de ce lundi 5 janvier sur Vivacité, un critère d’hiver froid était la glace que l’on pouvait voir sur les vitres des maisons, phénomène que l’on ne voit plus guère ces dernières années.

givre_vitre.pngS’il est vrai que l’on ne voit plus ce phénomène, ce n’est pas parce qu’il faisait plus doux au cours des hivers précédents, mais bien parce que les techniques de chauffage et d’isolation ont fortement changé ces dernières années. Le chauffage central a remplacé les poêles à charbon et chaque pièce de nos demeures est équipée de radiateur alors qu’un poêle ne se trouvait auparavant que dans le pièce le plus souvent occupée, les chambres n’étant en général pas pourvues de système de chauffage.

L’autre grand changement est survenu dans l’isolation. La plupart des fenêtres sont actuellement équipées de double vitrage ce qui fait une énorme différence par rapport à une simple vitre. L’air étant un très bon isolant, c’est sur ce principe que l’on a conçu le double vitrage. La simple vitre se refroidit sur toute son épaisseur. Aussi la surface interne est presque aussi froide que la surface extérieure et quand il gèle, la surface intérieure peut aussi avoir une température négative. Les pièces de la maison étant relativement chaudes, l’humidité de l’air va se condenser sur la vitre froide et de la buée va apparaître. Si cette surface intérieure est en dessous de zéro degré, c’est de la glace qui va s’y former. Dans un double vitrage, la vitre extérieure est froide mais la vitre intérieure est chaude. Il n’y a plus de condensation qui se forme sur la vitre. Et comme l’espace entre les deux vitres a un contenu en eau très faible, il n’y a aucune condensation sur la vitre extérieure du double vitrage.

Ces deux facteurs font que le givrage des vitres dans un local légèrement chauffé n’existe plus. On ne peut donc pas considérer que la disparition de ce phénomène est une marque du réchauffement du climat.

Ce matin, ceux qui ont un simple vitrage avec peu ou pas de chauffage dans leur chambre à coucher auront encore pu avoir la possibilité de voir ce phénomène, toutes les conditions d’apparition de ce phénomène de givrage étant remplies.