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03.01.2008

Quelques inondations remarquables (6)

La Somme en 2001

Lors de l’importante crue de la Somme, je lisais un Maigret de Simenon. « Maigret et le clochard » a été écrit en 1962. Je lisais à ce moment l’extrait suivant :

‑ La Seine reste haute, remarqua Lapointe, qui n’avait encore rien dit.
C’était vrai. Depuis un mois, c’est à peine s’il cessait parfois de pleuvoir pendant quelques heures et presque chaque soir la télévision montrait des rivières en crue, des villes et des villages où l’eau déferlait dans les rues. Celle de la Seine, jaunâtre, charriait des détritus, des vieilles caisses, des branches d’arbres.

Je voyais également les reportages dans les journaux télévisés et écrits et j’entendais les nouvelles à la radio. Les discours qui s’y tenaient étaient similaires à ce qu’écrivait Simenon  presque 40 ans plus tôt. Outre les pluies abondantes, d’autres facteurs ont aggravé ces inondations. De plus la durée pendant la quelle les inondations se sont maintenues étaient très inhabituelles ; elles se sont maintenues pendant presque 3 mois de mars à juin.

20.12.2007

Quelques inondations remarquables (5)

La Meuse en 1993 et 1995

La Meuse connaît également de fréquentes inondations. Les crues les plus graves ont eu lieu en décembre 1993 et janvier 1995. Dans les deux cas on a recueilli près de 400 mm de précipitations à la station de Libramont. Différentes dépressions qui ont circulé d’ouest en est sur notre pays, amenant en une quinzaine de jours des quantités d’eau importantes et le court intervalle de temps entre chaque zone de pluie ne permettait pas à cette eau de s’évacuer. Lors du passage de la dépression de Noël en 1993 et de la dernière décade janvier en 1995, les sols et les rivières étaient saturés en eau et les inondations étaient dès lors inévitables.

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 La Meuse à Dinant deux jours après le maximum de la crue de janvier 1995

05.12.2007

Quelques inondations remarquables (4)

Juillet 1996 dans la région du Saguenay au Québec

Les 19, 20 et 21 juillet 1996, des pluies diluviennes se sont abattues au-dessus de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean et plus particulièrement au Saguenay. Plus de 260 millimètres de pluie sont tombés durant 50 heures consécutives causant le débordement de plusieurs cours d'eau importants. Ce fut « le déluge du Saguenay », l'un des désastres naturels les plus importants de l'histoire du Québec. Les dommages causés par ces précipitations catastrophiques ont totalisé environ 700 millions de dollars canadiens.

Cet événement est typique d’une situation de blocage. Une dépression s’est arrêtée sur l’embouchure du Saint-Laurent. Durant leur mouvement de rotation, les masses d’air passent à intervalles réguliers au-dessus de l’océan permettant leur recharge en humidité. Il en résulte des pluies de longue durée et de très forte intensité.

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Figure 8 : Pont enjambant la rivière des Ha-Ha brisé par l'inondation, à La Baie, au Québec, en 1996 (François Hamel -- Montréal : Éditions Trustar, 1996. -- 206 p. : ill., portr. ; 23 cm. -- ISBN 2921714108. -- P. © Éditions Trustar. Reproduction autorisée par les Éditions Publistar.) (http://www.collectionscanada.ca/sos/002028-150-f.php?uid=...)

28.11.2007

Quelques inondations remarquables (3)

Paris 1910

1162293b77f3595e6f117d4809229682.jpgLes inondations de 1910 ont atteint l’épaule du Zouave ! Le Zouave du pont de l’Alma sert de référence lors des crues de la Seine à Paris bien que la référence officielle à l’heure actuelle soit le pont d’Austerlitz.

Cette crue débuta le 20 janvier et les rives du fleuve furent inondées jusqu’au 28. C’est en automne que se mirent en place les conditions qui aboutirent à cette crue très exceptionnelle.

Via le sous-sol – cave, métro, réseau d’égouttage – l’inondation s’est répandue loin des berges du fleuve. Le métro fut paralysé sur pratiquement toutes les lignes et les dégâts furent extrêmement importants.

 Des cartes postales de Paris sous eau en 1910 sont accessible à l'adresse suivante : http://www.lesia.obspm.fr/~malherbe/cartes-postales/Inond...

21.11.2007

Quelques inondations remarquables (2)

La Loire 1852 – 1856 –1869

La Loire est un fleuve capricieux. Ses crues peuvent être terribles et provoquer d’énormes dégâts. Sa dernière grande crue date de 2003 avec un niveau de 4,85 m au-dessus de son niveau « normal » à Digoin. Mais la plus grande date de 1846 avec un niveau de 7,40 m, crue essentiellement due à la Loire c’est-à-dire avant la jonction Loire-Allier.

En 1852, une crue importante s’est également produite. Les cités riveraines ont fait des travaux pour rehausser les digues. Mais 4 ans plus tard, lors d’une nouvelle crue (5,70 m), la Loire passe à nouveau au-dessus de ces nouvelles digues. De nouveaux travaux sont entrepris pour relever à nouveau les digues. En 1866, une crue de 6,30 m provoque de nouveaux débordements malgré les travaux réalisés. Après concertations, les entités riveraines décident de détruirent les digues et de laisser toutes les zones submergées au fleuve et donc de ne plus construire dans cet espace qui avait été envahi par les eaux.

Mais l’Homme a oublié et a entrepris de construire à nouveau dans cette zone. Les crues de 1973 et plus récemment celle de 2003 ont été la cause de nombreux dégâts.

La figure 2 montre l’historique des grandes crues de la Loire entre 1846 et 2006. On peut se rendre compte que les plus grandes crues datent d’avant 1910, c’est-à-dire longtemps avant la problématique du changement de climat.

Référence bibliographique : Bruno Ledoux, 1995,   Les catastrophes naturelles en France, Document Payot

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19.11.2007

Cyclone Sidr sur le Bengladesh

Le Bengladesh est situé dans une des régions où les cyclones tropicaux sévissent. Ce pays, un des plus pauvres du monde, a souvent du mal à se remettre de la catastrophe qu’ils engendrent. C’est dans cette région du monde où l’on a observé les cyclones les plus meurtriers :

§         novembre 1970 : le cyclone Boha fait 150 000 morts, 100 000 disparus selon un décompte officiel mais on estime le nombre de morts à plus de 500 000,

§         avril 1991 : Gorky tue 138 000 personnes et cause près de 2 millions de victimes,

§         novembre 2007 : sans doute plus de 30 000 morts lors du passage de Sidr.

 

La raison de ce nombre élevé de victimes est la topographie du pays. En effet le Bengladesh est principalement constitué du delta de plusieurs fleuves dont le Bramapoutre. Il s’agit d’une immense plaine à très faible altitude : moins de 5 m jusqu’à plus de 80 km du littoral. Un ouragan est accompagné d’un soulèvement de l’océan en dessous de son centre. Un ouragan de la force 4 comme Sidr provoque une élévation du niveau de la mer de 4 à 5 m. Cette vague pénètre dès lors profondément à l’intérieur des terres sur une zone où la densité de population est élevée. Il en résulte un nombre de victimes et de morts très importants.

 

En outre, le faible relief n’oppose pas beaucoup de résistance aux vents engendrés pas l’ouragan. Il pénètre rapidement à l’intérieur des terres et ne s’affaiblit pas aussi vite que dans d’autres régions. Les vents restent violents loin du littoral. De plus, le système d’alerte des cyclones est bien moins efficace que dans les pays au niveau économique plus élevé. Tous ces facteurs font que les cyclones tropicaux ont des effets extrêmement  néfastes dans cette pauvre région du monde.

12.11.2007

Quelques inondations remarquables (1)

Les Déluges

On ne peut que commencer par les Déluges. Car ce sont des récits que l’on retrouve dans l’histoire de nombreux peuples. Ce sont aussi les premiers récits de pluies importantes causant des inondations catastrophiques.

On retrouve ces récits dans la tradition mésopotamienne comme « L’épopée de Gilgamesh » qui a été reprise par la religion juive puis catholique sous le récit du Déluge et Noé.

Les Grecs ont aussi dans leur légende le récit d’inondations catastrophiques causées par Zeus, ne laissant que deux survivants Deucalion et Pyrrha pour repeupler la Terre. Ce récit est repris par Aristote dans son livre « les Meteorologica ».  Ovide reprend le récit de pluies provoquant d’importantes inondations dans ses « Métamorphoses ».

L’Islam a la même base traditionnelle que la religion juive à savoir la religion mésopotamienne. Le Coran parle également du déluge et de Noé. Mais il y a quelques différences notables. Premièrement il n'est pas dit que le déluge était global, il aurait très bien pu être local. Deuxièmement Noé est un prophète dans le Coran et en plus de sa famille, les personnes bonnes, qui croient en Dieu, l'ont suivi dans l'arche.

On retrouve le mythe du déluge dans l’Indouisme où le premier homme Manu est sauvé par le premier avatar de Vishnou, Matsya. Lui aussi échappe au déluge en construisant un bateau. Manu deviendra par la suite le premier législateur de l'hindouisme.

Ces récits de pluies diluviennes se retrouvent également dans les religions des Mayas et de Incas. On le retrouve dans le Popol Vuh, littéralement « Le livre du temps » est l’équivalent de la Bible pour la religion Maya.

La question de la réalité de ces déluges est toujours ouverte. Plusieurs hypothèses ont été formulées. Il me semble évident que de grandes inondations se produisent régulièrement. Dès lors qu’elles aient marqué de façon profonde ces civilisations anciennes n’est pas étonnant. Ces civilisations naissantes se sont en outre développées après la dernière glaciation et le réchauffement qui s’en suivi est à l’origine de la remontée du niveau des océans, inondant de façon remarquable les régions côtières. Une autre hypothèse des géologues américains William Ryan et Walter Pitman (1998), mais valable uniquement localement, est la remontée du niveau de la Méditerranée et l’ouverture du détroit des Dardanelles avec le remplissage de la mer Noire. Il est fort probable que différents événements géologiques ou des pluies extrêmement intenses peuvent être à l’origine de plusieurs récits de Déluges.

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Figure 1 : L'arche de Noé selon le graveur du XIXème  siècle Gustave Doré.

24.10.2007

Les causes des inondations (2)

Les barrages sont réalisés pour contenir une grande quantité d’eau afin d’en disposer comme réserve ou à des fins énergétiques. Une rupture de barrage libère brutalement cette grande quantité d’eau qui déferle vers l’aval de la vallée. Les causes de ces ruptures sont multiples : tremblement de terre, mouvement du sol, défaut de construction, … C’est ce qui s’est passé lors de la rupture du barrage de Malpasset le 2 décembre 1959. Toute la vallée depuis le barrage jusqu’à la mer en passant par Fréjus a été dévastée.

Les glissements de terrain peuvent aussi être à l’origine d’inondation. Si une masse de terre importante vient obstruer le cours normal d’une rivière, il agit comme un barrage et le niveau d’eau monte derrière cet obstacle inondant la rivière en amont.  Deux cas de figures peuvent se présenter. La masse de matière amenée par le glissement de terrain est très importante et quand l’eau arrive à son niveau maximum, un nouveau lac naît et la région en amont reste inondée. Dans le cas où le barrage ne résiste pas à la pression de l’eau,  il se rompt et libère toute la masse d’eau qui s’engouffre vers l’aval de la vallée ravageant le voisinage du cours d’eau. En 1965, un glissement de terrain dans le massif de la Maurienne obstrua l’Arc provoquant ce type d’inondation.

A suivre ...

17.10.2007

Les causes des inondations (1)

Les inondations sont un débordement d'un cours d'eau qui submerge les terrains voisins. La notion de cours d’eau peut s’étendre à des oueds ou des zones en creux dans le relief dans les quelles de l’eau de pluie s’écoule le temps du phénomène.

Les inondations sont causées par différents phénomènes qui peuvent apporter de grandes quantités d’eau en un laps de temps relativement courts. La première cause est la pluie soit intense, soit de très longue durée ou à répétition. Les exemples de ce type sont nombreux. Pour le premier cas, on peut citer les inondations de la Biesmes le 24 août 1987 et pour le deuxième cas les inondations de décembre 1993 au sud du sillon Sambre et Meuse.

Un deuxième type d’inondation est le mascaret. C’est un phénomène exceptionnel qui se produit dans certains estuaires aux époques des grandes marées. Normalement les berges des cours d’eau peuvent contenir le flux d’eau qui le remonte. Mais dans certains cas, comme le premier février 1953, la poussée de l’eau est augmentée par une tempête au moment d’une grande marée. Dans ce cas, l’eau passe au-dessus des berges ou des digues.

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Inondation à Dinant en 1995 (Photo M. Vandiepenbeeck) 

A suivre ...

08.10.2007

Les inondations parmi les catastrophes

Il ne se passe généralement pas un mois où, au cours des informations, on ne parle pas d’inondations. Ce fut encore le cas cette semaine : des inondations ont été signalées en Belgique, en France, au Vietnam, en Chine... et c’est sans compter celles qui ne retiennent pas l’attention des journalistes.

Ces événements sont, parmi les catastrophes, ceux qui causent le plus de dégâts et de victimes. La décennie 1990 fut déclarée par l’ONU « Décennies Internationale des Catastrophes ». À cette occasion, l’OMM (Organisation Météorologique Mondiale) avait publié des chiffres concernant les catastrophes les plus néfastes pour les sociétés.

  Populations touchées Dégâts matériels Pertes en vie humaine
Inondations 32% 32% 26%
Cyclones tropicaux 20% 30% 19%
Sécheresse 33% 22% 3%
Tremblement de terre 4% 10% 13%
Autres 11% 6% 39%

 L’examen de ce tableau nous montre clairement qu’elles sont à l’origine de pertes innombrables aussi bien en vie humaine qu’en bien matériel. De plus, elles touchent tous les pays du monde. Elles touchent donc aussi les gens les plus démunis pour qui ces événements, parfois à répétition, sont dramatiques.