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28.08.2009

Un été qui a plu car il n’a pas trop plu !

 

Bilan réalisé le 27 août 2009!

Cet été a plu à une grande majorité de la population et surtout aux vacanciers. Au vu des chiffres, cela peut sembler curieux car le bilan de cette saison ne donne pas un été à l'image de celle de1976 ou plus près de nous de celle de 2003 qui furent secs et caniculaires. Les chiffres de cette année sont très proches de la normale.

Le total des précipitations s'élève à 173 mm soit un peu moins que la quantité normale  pour la période 1901-2000 qui est de 216,6 mm. La quantité d'eau a été relevée au cours de 42 jours soit 6 jours de moins que la normale 1901-2000 qui est de 48 jours. La durée d'insolation s'est élevée à 677 h de soleil ; la normale du 20ème siècle étant de 670 h. La température moyenne a été de 18,2°C alors que pourun été normal elle est de 16,5°C. Toutes les valeurs sont normales sauf celle de la température qui est anormalement élevée.

En 2003, les valeurs correspondantes à la quantité d'eau recueillie, au nombre de jours à précipitations mesurables, à la durée d'ensoleillement et à la température avaient été respectivement de 151,5 mm en 23 jours, 855 h de Soleil et 19,7°C.

Le facteur le plus déterminant de la bonne qualité de cet été fut la pluie. Bien que pas très éloignées de la normale aussi bien en quantité qu'en nombre de jours, les pluies se sont le plus souvent produites la nuit c'est-à-dire au moment où les gens dorment et ne sont donc pas importunés par les précipitations. De même, il n'y a eu qu'un petit nombre de journées fort peu ensoleillées.

La température fut également assez favorable. On a enregistré 3 jours de canicule (température maximale supérieure ou égale à 30°C). Il n'y a donc pas un nombre élevé de jours avec des températures que beaucoup d'entre nous considèrent comme trop élevées. En 2003, on avait eu 9 jours de canicule et en 2006, ce nombre atteignait 11.

En conclusion, la majorité des vacanciers ont eu la possibilité de bien profiter de leurs journées pour réaliser la plupart des activités de plein air qu'ils souhaitaient. Cet été restera dans l'esprit des gens un bel été, ce que les valeurs mesurées à Uccle ne reflètent pas.

 

02.09.2008

Bilan de l'été 2008

Été 2008

 

Nous voici au terme de cet été 2008 qui en a déçu plus d'un car il fut normal ! Seule l'insolation du mois d'août fut anormalement basse. La notion de normalité est basée pour nous climatologues sur des statistiques qui remontent pour certains paramètres à 1833, début des mesures à Bruxelles – Uccle. Mais les valeurs normales sont souvent très loin de l'été idéal que les gens se créent et estiment comme normal. La différence entre les deux : l'objectivité des mesures et la subjectivité du beau temps que l'on souhaite.

J'imagine aussi que la déception est d'autant plus grande du fait que certains journalistes avaient répercuté l'annonce d'un bel été faite par des centres de prévisions saisonnières. Une prévision saisonnière est fournie en général sous forme de cartes donnant la probabilité qu'une moyenne de température ou un total des précipitations ou d'insolations soit atteint. Par exemple on estime pour tel mois ou telle saison que la l'écart à la normale de la température sera de 2°C ou plus  avec une probabilité de 80%. Cela veut aussi dire que l'on a 20%  de chance que l'écart à la normale de la température sera inférieur à 2°C.

Cela implique aussi la connaissance de cette normale. Un jour, lors d'une exposition on montrait que la normale de la température moyenne à Uccle est de l'ordre de 17°C (17,1°C en juillet et 16,8°C en août). Une dame est venue me dire de façon agressive que c'était faux et que la température moyenne à Uccle était de 25°C pour les mois de grandes vacances. Malheureusement aussi lors de la présentation du billet météo, on dit trop souvent que les températures sont trop basses pour la saison alors qu'elles sont dans les normes.

Notre été a été perturbé par plusieurs journées d'orages qui ont localement donné des précipitations abondantes et causé d'important dégât. Ce fut notamment le cas la nuit du 2 au 3 juin, le 13 juin, les 3 et 27 juillet  et encore dans la nuit du 3 au 4 août. Ces orages ont provoqué des débordements de rivières, des ruissellements ravageurs ou encore des coulées de boues envahissant les habitations.

Malheureusement des régions ont été touchées de façon plus grave par des événements météorologiques comme des moussons très actives en Indes ou des cyclones tropicaux violents dans les Caraïbes ou en Asie. Ne nous montrons pas trop difficile vis à vis du temps quand on est loin de ces événements extrêmes.

 

22.07.2008

Pourri ce début juillet et pourtant normal.

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Quand on examine les chiffres de ces 20 premiers jours et que l’on compare avec les réflexions des gens que l’on veut bien nous faire entendre, il y a un fossé entre la statistique et le ressenti subjectif des gens.
Du point de vue température, la moyenne depuis 1901 est de 17,4°C et si on considère une moyenne plus récente comme 1971-2000, cette dernière est de 18,0°C. Quel que soit la moyenne utilisée, le déficit de ce début de juillet, avec 16,7°C reste dans la norme. Les 20 premiers jours de juillet les plus chauds furent notés en 1976 avec une moyenne de 23,0°C et le début juillet le plus froid date de 1907 avec une température moyenne de 13,7°C.
Les pluies furent également normalement excédentaires : on a relevé au pluviomètre à Uccle 77, 3 mm au cours de ces deux premières décades alors que la moyenne 1971-200 est de 46,3 mm (ou 53,1 mm pour la période 1901-2007). Les extrêmes furent respectivement de 188,5 mm en 1942 pour la période la plus pluvieuse et 0,4 mm pour la plus sèche, cela s’était produit en 1971.
Le Soleil, le plus désiré par les vacanciers, marque un léger déficit avec 91,4 h, la normale 1971-2000 est de 124,7 h alors que la moyenne 1951-2007 est de 124,1 h. Ce déficit est normal. On est loin des valeurs extrêmes qui sont respectivement de 218,2 h enregistrés en 1959 et 28,2 h, valeur notée en 1980.
On n’est évidemment pas dans les conditions souhaitées par les vacanciers, mais elles ne sont certainement pas exceptionnelles comme on voudrait le faire dire. Le climat de la Belgique est qualifié de tempéré, humide avec des hivers doux et des étés frais. On est un peu en dessous de ces normes pour les températures et le Soleil et légèrement au-dessus pour les pluies mais cela n’a rien d’anormal en Belgique et on pourrait connaître pire. En outre les prévisions pour la fin de ce mois sont plus favorables pour ceux qui aiment plus chaud, sec et ensoleillé.

09.05.2008

Quelques définitions

Avec le temps chaud et ensoleillé que l’on connaît depuis quelques jours et qui, selon les prévisions, va se maintenir ce week-end prolongé, il me semble utile de rappeler quelques définitions que l’on utilise en climatologie.

Avec la saison estivale qui démarre, on parle de jours d’été. En Belgique, un jour d’été est un jour où la température maximale a atteint ou dépassé 25°C. Un jour de forte chaleur ou de canicule est un jour où la température la plus haute est égale ou supérieure à 30°C.

Depuis 2003, on a décidé de donné une définition à une vague de chaleur. L’OMM donne pour une vague de chaleur : « une vague de chaleur est un réchauffement important de l'air ou une invasion d'air très chaud sur un vaste territoire, généralement de quelques jours à quelques semaines ». Le problème est qu’elle est imprécise car cette notion implique des extrêmes qui ne sont pas les mêmes pour les différentes régions du monde. Un même maximum de 35°C n’a pas la même fréquence en Belgique ou en Inde ou encore dans un climat méditerranéen. Une définition locale est nécessaire. Aux Pays-Bas, ils ont établi une définition qui nous semblait tout à fait acceptable pour la Belgique, notre climat n’étant pas foncièrement différent de leurs conditions climatiques.

La définition climatologique d’une vague de chaleur est : « une période d'au moins cinq jours consécutifs avec une température de 25°C ou plus à Uccle et comprenant au moins trois jours avec 30°C ou plus. »

Le mot canicule vient du latin canicula qui signifie petite chienne. C’est aussi l’autre nom donné à Sirius, l’étoile principale de la constellation du Grand Chien. C’est une étoile très brillante qui servait de référence dans les civilisations antiques. La période de canicule au temps des égyptiens était la période où cette étoile se levait et se couchait en même temps que le Soleil. C’était aussi la période la plus chaude de l’année. De ce fait, on lui a attribué dans le langage courant les moments de forte chaleur.

30.01.2008

Les saisons des inondations

Les inondations peuvent se produire à n’importe quelle période de l’année. Il y a cependant des nuances à apporter en fonction des régions climatologiques et du régime pluviométrique de cette région. Dans les régions tempérées, les inondations liées aux passages successifs de dépressions se produisent le plus souvent durant la période hivernale (novembre à avril). Mais des situations hivernales peuvent se produire en été. C’est ainsi qu’en Belgique, il a pratiquement plus tous les jours du 9 juin au 20 juillet 1980. À la fin de cette période, il y a eu des débordements de rivières en Ardenne. Beaucoup se souviennent des caravanes qui venaient s’écraser sur les ponts à Han-sur-Lesse. Un épisode analogue a eu lieu en juillet 2003. En été, c’est cependant les orages qui sont la principale cause des crues. Leur caractère local donne des inondations sur une surface relativement réduite, mais elles peuvent être très spectaculaires comme ce fut le cas le 24 août 1987 dans la vallée de la Biesme près de Charleroi.
Dans les autres régions climatiques, les inondations dépendent fortement du régime des précipitations. Dans le sud de la France et le nord de l’Italie, les inondations les plus importantes ont lieu en automne. L’origine de ces crues sont des épisodes méditerranéens. Des pluies très intenses peuvent donner des quantités très importantes d’eau en très peu de temps comme ce fut le cas à Vaison-la-Romaine en septembre 1992. Des pluies de plus de 200 mm sur le bassin de l’Ouvèze ont provoqué sa crue causant le décès de 37 personnes.

25.01.2008

Les inondations causées par des orages

Les orages résultent d’une forte instabilité de la masse d’air dans laquelle ils se produisent. Cette instabilité est favorable au déclenchement de la convection thermique entraînant au sein de la masse d’air une ascendance pouvant atteindre plus de 10 km de hauteur. Cette convection peut se produire lors du passage d’un front froid dans l’air chaud qui se retire sous la poussée de l’air froid qui le suit. Elle peut aussi se former lors du passage d’une ligne de grains qui est une discontinuité observée dans l’air instable qui circule autour d’une dépression. Enfin, durant la période estivale, la convection peut être déclenchée par le réchauffement diurne d’une masse d’air instable stagnant dans une zone à faible relief barométrique ou d’origine maritime ou tropicale humide en mouvement vers nos régions.

Bien que la période la plus favorable va d’avril à septembre , on peut en observer également en hiver.

 

Une cellule orageuse fait en moyenne une vingtaine de kilomètres de diamètre et, vu l’extension verticale du cumulonimbus, le nuage d’orage peut contenir une très grande quantité d’eau en son sein. Il s’ensuit que les précipitations dans un phénomène orageux peuvent être localement extrêmement intenses. Il n’est pas rare que des centaines de litres d’eau au mètre carré tombent en quelques heures voire moins.

Ainsi à Foc Foc dans l’île de la Réunion, il est tombé 1853 mm en 24 h en janvier 1966 lors du passage du cyclone tropical Denise. En Belgique, sur la même période de temps, on a relevé 168 mm à Braschaat le 15 septembre 1998 alors qu’en 15 minutes, il est tombé 51,2 mm à Voeren le 5 juillet 1985. Lors de la crue de l’Ouvèze, le 22 septembre 1992 à Vaison-la-Romaine, il est tombé en moins de 4 heures entre 300 et 140 mm en amont de la ville. Fin novembre 2001, un violent orage provoqua des pluies torrentielles causant une inondation catastrophique à Bab el Oued où l’on dénombra plus de 750 morts.

De telles quantités en un aussi court laps de temps provoquent un ruissellement très important. Le sol n’a pas le temps d’absorber cette eau qui s’accumule rapidement dans les parties les plus basses du relief provoquant le débordement soudain des cours d’eau. Ces crues rapides sont souvent imprévisibles et sont à l’origine de dégâts importants et c’est dans ce type d’inondations que l’on compte le plus grand nombre de victimes.

01.09.2007

Eté 2007, bilan définitif

UCCLE Eté 2007

Eté

Température

Précipitations

 

°C

l/m²

juin-07

17.5

99.2

juil-07

17.2

96.7

AOUT 2007

17.2

56.9

Eté2007

17.3

252.8

Caractéristiques

a

n

Normales

16.5

216.1

Les 5 étés les ..

plus chauds

moins arrosés

premier

19.7 (2003)

42.9 (1921)

deuxième

19.2 (1976)

89.4 (1885)

troisième

19.0 (1947)

99.2 (1949)

quatrième

18.9 (2006)

101.2 (1955)

cinquième

18.8 (1983)

103.0 (1857)

Les 5 étés les ..

moins chauds

plus arrosés

premier

13.9 (1841)

364.8 (1992)

deuxième

14.2 (1860)

360.2 (1850)

troisième

14.3 (1907)

355.9 (1888)

quatrième

14.4 (1844)

348.4 (1980)

cinquième

14.4 (1956)

340.9 (2002)

 

 

 

Eté

Jours de précipitations

Insolation

 

jours

heures

juin-07

19

130

juil-07

18

178

AOUT 2007

13

151

Eté2007

50

459

Caractéristiques

n

ta

Normales

48

585

Les 5 étés les ..

moins pluvieux

plus ensoleillés

premier

18 (1835)

825 (1947)

deuxième

22 (1865)

818 (1976)

troisième

23 (1976)

812 (1959)

quatrième

24 (1887)

759 (1911)

cinquième

26 (1989)

748 (1949)

Les 5 étés les ..

plus pluvieux

moins ensoleillés

premier

68 (1860)

404 (1888)

deuxième

67 (1977)

407 (1977)

troisième

65 (1916)

425 (1981)

quatrième

65 (1980)

426 (1956)

cinquième

64 (1974)

428 (1980)

28.08.2007

Eté normalement pourri !

Nous voilà à la fin de l’été. Alors que beaucoup de gens ont la sempiternelle expression « L’été est pourri » à la bouche, les chiffres sont sans appel : tout est normal !
Le titre du journal Le Monde, « L'été humide s'explique par les caprices de l'anticyclone des Açores » est correct. Encore faut-il pouvoir expliquer pourquoi l’anticyclone a été capricieux. L’anticyclone des Açores est resté relativement dans une position méridionale, laissant de ce fait la place libre aux dépressions. Ces dernières ont normalement une position plus proche du cercle polaire que nos latitudes en été. Plus particulièrement, des dépressions ont élu domicile sur la Grande Bretagne et c’est la France qui a subi d’une manière générale des précipitations relativement importantes : selon Météo France, dans plusieurs stations, des records de pluviosité ont été observés en juillet et pourraient être observés en août.
À Uccle, les valeurs de cet été sont proches de la normale. Le tableau suivant reprend les valeurs de l’été 2007 (moyenne ou totaux au 27 août 2007 inclus) ; les normales et les records avec l’année. Les valeurs des précipitations sont normales. La température est excédentaires par rapport à cette normale et cet excès est caractérisé d'anormal c'est-à-dire qu'il se reproduit en moyenne une fois tous les 6 ans. Le déficit de l'insolation est quant à lui caractérisé de très anormal, soit une période de retour d'une fois tous les 10 ans.
Moyenne ou total
Normale
Température
17,3°C
16,5°C
Soleil
454 h
585 h
Précipitations
253 mm
216 mm
Nombre de jours de pluies
50 j.
48 j.
Record +
Année
Température
19,7°C
2003
Soleil
825 h
1947
Précipitations
364.8 mm
1992
Nombre de jours de pluies
68 j.
1860
Record-
Année
Température
13,9°C
1841
Soleil
404 h
1888
Précipitations
42,9 mm
1921
Nombre de jours de pluies
18 j.
1835
Finalement cet été n’est pas aussi mauvais qu’on voudrait nous le faire croire. Ce n’est pas le grand beau temps avec ces vagues de chaleur. On est loin des drames qui frappent la Grèce et même si on a eu quelques épisodes avec des inondations, on est de loin de vivre les situations dramatiques qui ont été vécues en plusieurs points du globe.

16.08.2007

Fin de l’été, un avis prématuré de la part de présentateurs météo !

Dans le Standaart  et Het Laatste Nieuws, deux présentateurs de la météo (Eddy De Mey à VTM et Frank Deboosere à la VRT) annoncent qu'il n'y aura plus d'été. C'est exact que les prochains jours verront des températures tout à fait dans les normes d'un mois d'août. On n'aura pas d'ici le WE de fortes chaleurs. Bien que la fiabilité des prévisions diminuent au-delà de 5 jours, la tendance reste à un temps doux et variable d'ici le 25. Au-delà de cette date, cela devient de plus en plus hasardeux de faire une telle annonce.
Les prévisions saisonnières ne sont jamais que des tendances mensuelles et ne peuvent pas donner une prévision de ce type au-delà de 15 jours.
Rappelez-vous l'année passée. Après un mois d'août sombre et pluvieux, le mois de septembre fut très estival. Statistiquement, on peut encore avoir des 30°C au cours des deux premières décades du premier mois de l'automne météorologique et une vague de chaleur est plausible au cours de cette période, même si sa probabilité devient plus faible. Un mois de septembre peut être plus chaud qu'un mois d'août. Ce fut le cas de 2006, 1961, 1956, 1949, 1934, 1929, 1895, 1865 et 1841.
Rien n'est donc joué pour le mois prochain.