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03.03.2010

Des événements comme Xynthya ont déjà touché la Belgique !


Des tempêtes comme Xinthya ont déjà sévi dans notre pays. Ces tempêtes remodèlent la côte qui est un écosystème fragile et sujet à modification au cours du temps. Notre littoral n’a pas toujours été le même au cours ces derniers millénaires.

Dans le passé, l'Europe occidentale en général et la Belgique en particulier ont connu de grandes tempêtes. Il n'était pas possible à l'époque de relater en direct ces événements qui ont causé des ravages parfois bien plus graves qu'à notre époque. Les grands échanges internationaux et une certaine solidarité entre régions ou pays n'existaient pas encore. Si une région voyait ses récoltes détruites, c'est la famine qui régnait alors.

Dans un document du Zwin, J-D Chastelain relate qu'une tempête au Vème siècle a détruit le front de dunes entre Blankenberge et Cadzand (Pays-Bas). La mer a inondé tout l'arrière pays, épargnant une seule cité : Bruges.

Dans P. Alexandre, on retrouve également les traces de tempêtes ayant ravagé nos régions. Citons par exemple une tempête ayant sévit le 3 mai 1215 détruisant les récoltes, récit que l'on retrouve dans une source narrative de Liège. Des périodes venteuses sont également citées entre autres pour les années 1085, 1144, 1240, 1314, … pour d'autres régions de l'Europe occidentale.

Dans le document du Zwin, J-D Chastelain raconte également que le 14 décembre 1367 un "ouragan" provoqua la destruction de nombreux bâtiments et déracina beaucoup d'arbres. En novembre 1377, une nouvelle tempête, soulevant la mer, provoqua la rupture du cordon de dunes submergeant dix-sept villages.

Faut-il encore rappeler l'exemple historique de tempête? En effet dans tous les manuels d'histoire, on raconte la déroute de l'invincible Armada qui, avant d'être mise en déroute par les Anglais, a subit de lourdes pertes suite à une violente tempête.

Ces exemples du passé nous rappellent que les tempêtes, et les événements extrêmes en général, ne sont pas des événements spécifiques à notre époque. Que tous ceux qui s'étonnent de la violence de certains événements actuels se penchent sur notre passé. Et même si les archives ne sont que partielles, on retrouve suffisamment la trace de catastrophes dans le passé pour ne pas croire que ce que nous vivons à l'heure actuelle ne s'est jamais produit!

Référence :

Pierre Alexandre, Le Climat en Europe au Moyen Âge, Édition Hetes, 1987

Jacques Paitier, La carte du peintre 1468, description d'une carte représentant la région du Zwin en 1468, documentation disponible au Zwin, 1987

 

01.03.2010

Normales saisonnières : Mars

Normales saisonnières : Mars

 

Températures maximales

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

4

8

12

2

6

10

14

3

7

11

15

 

Températures minimales

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

-2

2

5

2

-1

3

6

3

0

4

7

 

Précipitations

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

3.9

19.0

34.3

2

1.7

19.6

34.5

3

4.6

23.6

39.7

 

Insolation

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

19.0

33.2

50.7

2

18.1

33.4

53.7

3

22.6

40.0

60.5

03.02.2010

Hiver 2010

La période de froid se termine progressivement dans le pays. À ce jour, seules dans la province de Liège, les rigueurs hivernales persistent. Ce n’est pas parce que cet épisode se termine que l’hiver ne peut encore montrer le bout de son nez. Ainsi à Uccle, en mai 1986, on observait 4 jours avec des chutes de neige.

Pour les deux mois, décembre et janvier, on a observé, à Uccle, une température moyenne de 1,5°C alors que la moyenne 1833-2010 est de 2,5°C et que l’on peut considérer la valeur de cette année comme normale. C’est le couple décembre 1879 - janvier 1880 qui est le plus froid avec une température moyenne de -3,4°C soit 5°C de moins que cette année. Il est bien évident que cet hiver est en revanche à considérer comme froid par rapport au dernier saut de température observé après 1988. En effet, la température moyenne, entre 1988 et 2010, est de 3,9°C ce qui entraîne un écart plus important que les hivers doux que nous avons connus ces dernières années.

Le froid s’est installé en 3 épisodes : on a eu des températures minimales inférieures à 0°C entre le 13 et le 22 décembre, puis entre le 28 décembre et le 15 janvier et du 25 au premier février (avec un jour sans gel le 28). Un seul jour, la température est descendue en-dessous de ‑10°C : le 19 décembre.

Il n’est pas évident de comparer deux périodes de décembre à janvier. En effet, si les températures moyennes des deux périodes sont respectivement 1,8°C pour 2009 et 1,5°C pour 2010, les deux débuts d’hiver sont quand même assez différents : on a eu 4 jours de très grands froids en 2009 et un seul en 2010 ; en revanche, on a eu 5 jours d’hiver (Tx < 0°C) en 2009 et 12 pour cette année, alors que la différence entre 2009 et 2010 pour les jours de gel (Tn <0°C) est moins nette avec respectivement 30 et 35 jours de gel. Une dernière différence, au niveau des températures, est, qu’en 2009, on a eu une seule période froide alors que, cette année, on a eu 3.

Depuis la hausse de température de 1988, les doublets froids (décembre plus janvier) se sont produits en1996 (1,5°C), 1997 (0,3°C), 2009(1,8°C) et 2010 (1,5°C). Une période chaude ne veut pas dire que la variabilité climatique a disparu. On a une moyenne différente mais les températures restent variable autour de cette moyenne avec toujours des possibilités de connaître des périodes froides. De même, une période froide, ne signifie pas la fin de la période chaude que l’on a depuis 1988. Après 1997, on a eu 9 doublets plus chauds que la norme et le plus chaud fut celui de 2007 avec 6,6°C !

Le climat est évalué sur une longue période et les normales standards sont calculées sur 30 ans. On ne peut donc tirer de conclusions à partir d’un (dernier) point de la série pour en déduire la tendance vers laquelle le futur va s’orienter.

 

hiver_2010.png

 

01.02.2010

Normales saisonnières : Février

Normales saisonnières : Février

 

Températures maximales

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

2

6

10

2

1

6

10

3

3

7

11

 

Températures minimales

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

-4

1

5

2

-5

0

4

3

-4

1

5

 

Précipitations

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

5.8

21.3

36.0

2

3.7

19.2

31.6

3

2.4

16.1

27.9

 

Insolation

decade

Borne
inférieure

Moyenne

Borne
supérieure

1

11.4

21.6

32.5

2

13.7

29.4

45.4

3

13.8

25.7

34.5

15.01.2010

Neige et gel

Les conditions météorologiques que nous connaissons pour le moment amènent à des commentaires qui me surprennent. Ainsi plusieurs personnes m’ont dit que ce n’est pas normal qu’il neige avec une température négative !

Je ne vois pas pourquoi le gel empêcherait la chute de la neige ! Au contraire, ce n’est qu’avec des températures négatives que la neige va se former. Dans les nuages en altitude, l’air est saturé en vapeur d’eau et l’excès qu’il ne peut contenir va se transformer en liquide et/ou en glace. Dans le cas où l’atmosphère est pure, on va avoir de l’eau surfondue, c’est-à-dire de l’eau sous forme liquide à des températures relativement basses. En revanche, s’il y a de petites particules solides dans l’air comme de la poussière, de la fumée, des aérosols, …, de fines paillettes de glace se forment. Celles-ci, suite à de la turbulence dans le nuage, vont s’agglutiner et former des cristaux de forme hexagonale. L’étape suivante est la formation de flocons. Ce sont les cristaux qui vont former des flocons plus ou moins volumineux. Dans ce cas, la température doit toujours être négative sinon, la glace va fondre et former des gouttes de pluie.

La fourchette de température dans laquelle il neige le plus souvent est comprise entre -5°C et +5°C. Néanmoins, il peut neiger lorsque la température est plus basse, jusqu’à -10°C. Au-dessus de 5°C, il peut aussi neiger jusqu’à une température de 10°C. Dans ce cas, l’air est chaud près du sol, mais en altitude, il est négatif. Si l’épaisseur de la couche d’air chaud est faible, les flocons n’ont pas le temps de fondre.

Lors de la fin d’une période de froid, l’arrivée de l’air chaud commence en altitude alors que de l’air froid peut encore traîner au sol. Dans ce cas, il se met à pleuvoir ou la chute de neige se transforme en pluie et comme le sol est encore froid, une couche de glace se forme sur le sol. On assiste alors à une période de 2 ou 3 heures pendant lesquelles les déplacements sont très difficiles. Mais dès que le sol est suffisamment chaud, ces inconvénients disparaissent.

neige-bsa.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chute ne neige à Bruxelles (Berchem-Sainte-Agathe) le 20 décembre 2009 (photo Marc Vandiepenbeeck)